VIDEO – WMC Table ronde: Fonds Ajyal ou comment financer le développement autrement

Refondation du rôle de l’état

Mohamed HADDAR : L’appel de visibilité et de stabilité

Activer le processus de transition pour envisager une vision économique d’ensemble et de long terme

WMC Table Ronde - Fonds Ajyal
WMC Table Ronde – Fonds Ajyal

Je considère qu’un retour sur le rôle de l’état dans une perspective d’un nouveau modèle économique, à trouver, est une réflexion d’ampleur. Elle suppose, un préalable, toutefois. On ne peut engager une telle exploration d’avenir qu’une fois achevé le processus de transition. Ce genre de démarche exige le retour de la stabilité et de la confiance. Le climat de transition n’y est pas tout à fait propice et l’expectative ambiante n’y est pas tout à fait favorable. Il faudrait attendre que se réalise un prérequis de taille. Il faut attendre que le processus électoral aille à son terme.

Une fois que les élections auront fait émerger des institutions stables et un mode de gouvernance publique précis, alors on pourra aborder cette question cruciale en embrayant sur le nouveau modèle économique. C’est une question lourdement engageante car elle déterminera l’émancipation économique du pays. Par conséquent le thème n’est pas tout à fait en ligne avec les conditions du moment. Mais une fois, la transition aboutie, et tous ses préalables en place, l’on pourra lancer le travail de remodelage de la fonction de l’état et planifier une trajectoire économique pour le pays. Une chose me semble acquise est que l’on ne peut plus continuer comme avant. Un cadre d’ensemble, nouveau, doit être posé et défini.

Jalloul AYED : L’impératif de performance des investissements

Pour davantage de performance économique il faut donner plus de champ au secteur privé y compris dans le secteur public. L’attelage public privé, peut être fécondé par des critères sévères de gestion. Il faut, exiger que l’investissement soit fait aux conditions les plus strictes du marché.

Je me sens lié par le plan Jasmin qui sert de socle à cette vaste réflexion. Continuer sur le modèle d’avant où l’état jouait un rôle primordial, quasi monopolistique dans certains secteurs d’activité, ne mène nulle part. Cela peut nous condamne à l’immobilisme ou l’incohérence. L’examen de la structure actuelle du budget de l’état nous conforte dans cette opinion. Quand les dotations de la caisse de compensation dépassent le budget de l’équipement on a une situation aberrante où l’état encourage la consommation davantage que l’investissement. A ce train là on ne disposera ni des ressources suffisantes ni de la vision nécessaire pour transformer le pays. On ne pourra réduire le chômage et corriger le déséquilibre régional. Avec 800.000 chômeurs sur les bras, l’investissement devient la une urgence nationale.

Je précise bien qu’il faut susciter de l’investissement marchand. C’et à dire aux plus strictes conditions du marché. C’est lui qui crée réellement les conditions d’une croissance importante et pérenne. Je démontre que l’état n’a pas besoin de disposer de ressources abondantes pour impulser un investissement privé important .L’état se contentera de ses fonctions régaliennes qu’il est seul habilité à faire selon les exigences républicaines. Et il trouvera, via un système de dérivations à léguer au secteur privé, selon le Principe de subsidiarité à donner plus de champ au privé et notamment via le Partenariat Public Privé.

Eileen MURRAY : Aller vers un nouveau paradigme économique

Des réformes sont inévitables. Une nouvelle génération de promoteurs, un système bancaire rénové, sont incontournables. Il est nécessaire d’embrayer sur un nouveau paradigme de développement si l’on veut avoir de la performance.

Je pense que le moment est bien choisi pour lancer la réflexion sur cette question. Je considère qu’il faut préparer le terrain aux nouveaux dirigeants du pays. La reconfiguration du rôle de l’état est une option nouvelle qui demande du temps pour être implémentée. L’option du Partenariat Public Privé, prend du temps avant d’engranger des résultats. Mais il est important de mettre le sujet sur la table. La question est de savoir ce qu’il faut faire pour aller dans ce sens ?

Cette orientation me parait inévitable. Cependant, s’agissant d’une œuvre engageante et de longue haleine, cela rend la tache difficile pour le prochain gouvernement. La rupture avec le passé doit passer par là, cela me semble évident. Je pense qu’il y a un certain nombre de réformes inévitables autant dans les pratiques que dans les esprits. On ne peut échapper à l’ardente obligation de former une nouvelle génération de promoteurs. Il est tout aussi nécessaire de réformer le système bancaire de sorte qu’il devienne plus performant. Je crois qu’il faut utiliser cette période mettre à profit pour donner de l’élan à un nouveau paradigme.

Pr Mohamed HADDAR : favoriser le consensus

Mettre l’idée en débat et veiller à une large réflexion sur cette thématique de sorte à en faire une idée consensuelle.

Je souscris à ce que vient de dire Eileen Murray. Ce qu’elle avance n’est pas en contradiction avec les préalables que j’ai posés. Nous avons au sein de l’Asectu, commencé dés le premier jour à réfléchir à l’architecture des nouvelles institutions démocratiques. De go, nous avons également démarré une vaste réflexion autour du nouveau modèle économique nécessaire au pays. Par raison autant que par devoir national et de vocation, je dirais, nous avons nous-mêmes saisi cet élan d’espoir à l’effet de développer une réflexion en vue de préparer le terrain pour ce ‘’nouvel ordre national’’. Il me semble nécessaire que la question soit entourée d’un vaste cogito pour à la fois maturer et préparer les esprits.

Cyril GRISLAIN KARRAY : Quel référentiel ?
Cadrer la prospective et opter pour un modèle précis.

Je considère qu’il y a un sous jacent physique à définir par rapport à cette notion de l’état, de son rôle, de ses fonctionnalités et bien entendu du modèle de développement qu’on serait tenté de suivre. Il ne faut pas occulter la question fondamentale, ici. Il y a d’abord à savoir quel type de Tunisie on veut pour demain. Longtemps on s’est comparé à des ‘’lièvres’’ prestigieux. Il fut un temps où l’on voulait être la Suisse de la Méditerranée. Puis, on a switché vers des réussites asiatiques. Depuis un temps, on se destine à être le Singapour de l’Afrique. Il ne s’agit pas de cerner le modèle mais j’indique des référents précis. Il ne vous échappe pas que chaque type de réussite développe une méthodologie dédiée.

Fadhel ABDELKEFI : Une nouvelle configuration du marché financier
La Bourse peut se mettre en phase avec les besoins du tissu économique pour aller vers un financement direct global.

Dans la perspective de la reconfiguration du rôle de l’état et dans le sillage de la recherche d’un modèle économique nouveau, la Bourse est appelée à jouer un rôle primordial. Vous évoquiez les nouvelles classes d’actifs et la réorganisation du marché, je précise que cela coïncide bien avec nos objectifs. Mon souhait est de voir la Bourse représenter l’économie nationale dans sa diversité. Or, Des pans entiers de notre économie et parmi les secteurs les plus dynamiques tel les telecom, le textile, le tourisme ou l’énergie sont absents, à l’heure actuelle, de la cote.

Notre espoir est de voir 70 % du PIB du pays en bourse. Notre finalité est d’assurer le financement direct de l’économie. Je sais, toutefois, que cela ne peut se faire que si nous travaillions avec les banques. Il n’échappe à personne que le système bancaire pourvoit au financement de l’économie via du crédit quasi hypothécaire et que le PNB de l’ensemble des enseignes de la place, est essentiellement constitué de marges d’intérêt ainsi que de commissions de chèque et de change. La part d’expertise sur les métiers de marché dans la formation du PNB est résiduelle. On persévère sur le segment de l’intermédiation, ce qui est basique, professionnellement parlant.

Nous souhaitons initier un dialogue franc avec les banques pour les convaincre de la nécessité de se recapitaliser et mieux encore d’inciter leurs clients à se recapitaliser à leur tour. Ce programme, de mon point de vue ne doit pas soulever d’obstacles pour être mis en œuvre. On peut améliorer le financement de l’économie à ces conditions. En ma qualité de gestionnaire d’actifs, je sais d’expérience, que l’épargne est abondante. Il n’y a qu’à activer l’arbre de transmission entre le gisement d’épargne et l’investissement direct.

Je considère que le marché est suffisamment outillé pour pourvoir à l’appel de financement des grandes entreprises, et par delà de l’économie en général. Le 1er marché peut accueillir jusqu’à 400 entreprises parmi les blues ship nationaux, sans difficultés. Une fois, ce réservoir central bien garni, on peut drainer sur le marché alternatif des Green fields en quantité. Les investisseurs institutionnels pourront de la sorte structurer leurs participations. Faute de quoi nous continuerons à faire le travail de manière impropre. J’observe à l’heure actuelle que nous alignons l’épargne des particuliers, à l’occasion des OPV, sur des actions c’est-à-dire du plein risque, ce qui d’un point de vue professionnel est inadéquat.

Aicha ENNEIFER : Une stratégie globale
Du volontarisme, certes. Mais, de l’efficacité, surtout ! Le partenariat public privé, s’y prête bien.

C’est bien de commencer à réfléchir à un horizon de nouveau modèle économique, la circonstance l’exige et la raison plaide en ce sens. L’économie du savoir ouvre un horizon considérable. C’est certes, une piste prometteuse. J’ajouterais, toutefois, qu’il convient de l’inclure dans une stratégie globale et planifiée sur le long terme. J’observe que l’on procède, à l’heure actuelle avec beaucoup de volontarisme, certes mais sans grande efficacité car on est souvent à courir derrière les événements et on n’arrête pas de décréter des incitations éparses, de-ci de-là.

La disponibilité à aider et soutenir les promoteurs est manifeste et ne fait pas de doute mais une méthodologie d’ensemble fait défaut. On voit pèle mêle des mécanismes tel que le RETI cohabiter avec le FOPRODI. L’efficacité d’ensemble est difficile à réunir en l’absence d’une planification globale, c’est cela qu’il faut comprendre. A mon tour, je soutiens qu’il convient de reconsidérer le rôle de l’état. Il est vrai que l’agent ‘’Etat’’ n’a pas à investir dans les secteurs concurrentiels car il ne peut se substituer aux investisseurs privés. D’une part, il ne sait ni ne peut le faire. De l’autre, je pense qu’il le fera mal. En revanche, Il peut avoir un rôle beaucoup plus efficace, en activant le mécanisme du partenariat public privé dans le cadre de projets structurants dans les IT, le transport ou la santé.

Ce faisant l’état aura un grand rôle à jouer via l’effet d’entrainement qu’il peut induire en appuyant l’initiative privée dans les domaines du savoir et de l’immatériel, en général. L’état est par conséquent appelé à catalyser des projets d’envergure, à réaliser par le privé dans des secteurs à haute valeur ajoutée.

De grandes avancées ont été enregistrées sur cette voie et je vois que l’état tunisien a eu une attitude positive en instituant le principe de réciprocité dans les conventions bilatérales qui accompagnent les ententes en matière de partenariat. Je crois que la réciprocité nous permet de prendre pied physiquement chez le partenaire, également. L’ouverture est nécessaire mais il faut la sauvegarde des intérêts des opérateurs locaux.

Mehdi KHEMIRI : Comment financer l’innovation
Trouver des passerelles pour assure le linkage entre promoteurs des projets innovants et financeurs. Promouvoir de nouveaux véhicules de capital.

Je voudrais vous parler d’un retour d’expérience étant donné que j’ai travaillé sur les projets innovants au stade ‘’Early stage’’. J’ai une bonne expérience avec les jeunes promoteurs et je connais leurs problèmes. Je reviendrais, ensuite, sur la question du rôle de l’état.

Je rejoins Fadhel Abdelkefi quand il dit que le capital est abondant dans le pays. D’ailleurs il existe un collectif nombreux de Business Angels, qui souhaite s’impliquer et investir dans l’économie du savoir. Je remarque qu’il y a une bonne volonté générale pour investir dans l’innovation. Cependant, je dois reconnaître que les flux d’investissements réalisés sont faibles outre que, des problèmes nombreux ont surgi. Et c’est autour de ces problèmes qu’il faut revoir le rôle de l’état. Je suis persuadé que les jeunes chercheurs promoteurs et les cadres expérimentés possèdent un potentiel remarquable mais il reste un problème pour les mettre en relation avec les financeurs institutionnels. Je pense qu’il manque un catalyseur et en l’occurrence l’état gêne davantage qu’il ne facilité. Je me propose d’indiquer trois leviers où l’état peut accélérer le rôle de catalyseur

Le 1er est la réglementation. On a le sentiment, malgré la bonne volonté des pouvoirs publics, que tout est fait pour bloquer et non catalyser. On a examiné 150 projets. Au final, on n’en a financé qu’un seul. Hélas, avec le cadre actuel, on est incapable de structurer l’investissement en Tunisie. Je regrette que l’on ne soit pas en mesure de transposer, chez nous, les best practices des USA ou de France, deux pays où le financement de l’innovation est une affaire bien maîtrisée et qui roule bien. Je déplore que nous manquions d’instruments pour le faire. Les complications juridiques inhibent les investisseurs.

Le cadre réglementaire de l’investissement est fait, sur mesure, pour les grands projets. Il n’et pas en phase avec les promoteurs particuliers, c’est-à-dire personnes physiques. Or, il ne vous échappe pas que dans le cadre de l’économie du savoir, cela commence par une idée, ou un brevet ou un logiciel, mis au point, généralement, par un chercheur, donc personne physique et non une société bien établie etc…

Le 2 ème est l’avantage fiscal. Il est de notoriété publique que les investisseurs courent après l’optimisation fiscale et c’est dans l’ordre des choses. Et c’est pareil pour les banques et les investisseurs institutionnels. Tout le monde est logé à la même enseigne. Et là encore, on souffre d’une vision d’ensemble. Les démarches sont fragmentées et parfois incomplètes et il leur manque une cohérence d’ensemble, pour être efficientes.

Le troisième est l’intervention de l’état. Les outils de participation méritent d’être complétés et enrichis de sorte à ce qui via le dispositif de la FPME, du FOPRODI, et nous l’espérons de la Caisse des Dépôts et Consignations les interventions soient en phase avec les besoins de toutes les entreprises en fonction de leur standing et de leurs besoins.

Jamel BELHAJ : Vers une refondation du rôle de l’état
Libéralisation dans les textes, soit. Blocages dans les procédures, hélas ! Difficile de performer, à ces conditions.

Dés 2011 s’est apparue dans le pays la nécessité de repenser le rôle de l’état. C’est, il faut bien le reconnaître une question essentielle étant donné la relation intime qui lie l’investissement au développement. Pour entamer ce travail de refondation l’on doit s’acquitter d’un travail préalable à savoir la mise à niveau de l’administration. Celle-ci, par son inertie demeure une entrave à l’Investissement et par delà, plombe le dynamisme économique. Cela fait du tort à tous, état compris. Je dois dire, que la lecture des textes vous donne une certaine visibilité. Et, l’application des textes est tout le contraire.

J’observe que l’on continue à reproduire un peu le même état d’esprit dans le nouveau projet de code des investissements qui ne fait pas une place à part à l’innovation alors qu’on espérait quelle y occuperait la place qui lui revient. L’ennui, dans tout cela est que les faiseurs d’opinion et les décideurs sont bien conscient de cet état de fait et beaucoup consentent que les choses ne se sont pas améliorées depuis janvier 2011. Il est difficile d’envisager de refonder le plan de développement sans que l’administration prenne l’initiative de changer le rôle de l’état. Il s’agit d’aller vers un rôle de facilitateur. A la CDC bien que notre conseil soit présidé par le ministre des finances, nous éprouvons des difficultés à faire changer les choses, que dire d’un investisseur privé.

J’ai étudié le nouveau code, et je dois reconnaître que j’ai détecté un problème difficulté d’accès au crédit de financement et c’est regrettable. J’espère qu’on y apportera les rectifications nécessaires.

Faut-il un organisme centralisateur de planification de l’investissement public et privé

Eileen MURRAY : S’atteler aux réformes
Au concret, pour avancer à la vitesse souhaitée, il faut s’attaquer aux grands chantiers de réforme, sans hésiter.

Il faut se rendre à l’évidence, à l’avenir c’est l’investissement privé qui devra tirer la croissance. On entend beaucoup d’associations et d’ONG s’impatienter de voir que le secteur privé ne soit pas au centre des préoccupations des pouvoirs publics, quand ils entreprennent des réformes. Je dois dire qu’avec si Jalloul Ayed on a entamé un vaste programme de réformes qui abondent en ce sens et qui sont de nature à apporter le plus à l’adresse du secteur privé pour lui permettre de se déployer. Je peux citer de mémoire quelques projets d’envergure dont les réformes touchant à l’accès à l’information, la loi sur la concurrence, le code d’Investissement, les procédures administratives, de même que l’audit des banques publiques, ainsi que la réforme des IT. C’est dans cette direction que l’on devrait tous pousser. Il y a beaucoup de chantiers de cette importance et il faut les faire avancer, simultanément pour générer une synergie ?

Jalloul AYED : Une vision du changement
La recette est simple : Une perspective longue et des objectifs clairs.

Dans l’absolu, on ne peut rien espérer d’un gouvernement provisoire, donc aux attributions faibles, dans une phase de transition. Il faut un gouvernement fort pour prendre les décisions courageuses, même lorsqu’elles fâchent mais qui font changer les choses. Il est important que le gouvernement sache mobiliser autour du projet de réformes et valider une vision du développement qui soit à perspective longue.

Durant la phase de transition le pays a connu cinq gouvernements en 2 ans et demi. Il est important de clôturer, rapidement cette phase et que le pays se donne un gouvernement qui puisse défendre une vision du changement avec des objectifs clairs. C’est un travail qui nécessite une méthodologie avancée et son planning de réalisation doit comporter des pauses dévaluation et de correction des éventuels écarts pour rester sur la même trajectoire.

Fadhel ABDELKEFI : Un gouvernement restreint
Eviter l’éparpillement et optimiser les efforts.

La raison recommande, pour aller vite et faire bien, d’avoir un gouvernement restreint. J’ai fait l’exercice avec d’autres personnes et nous avons convenu qu’on peut compacter certains ministères pour aboutir à un cabinet gouvernemental formé de quinze départements, tout au plus. A titre d’exemple, Je vois bien un ministère de l’économie qui regroupe l’industrie et le commerce. Il m’arrive de rencontrer des missions étrangères, en fin de séjour et souvent ces visiteurs me donnent l’impression qu’ils ont beaucoup de peine à formaliser un plan de coopération avec les pouvoirs publics du fait précisément de la trop grande dispersion de nos départements ministériels. Cet éparpillement n’aide pas au ciblage et surtout au packaging des offres de coopération. Un cabinet gouvernemental restreint c’est la garantie d’une meilleure coordination et un gage d’une solidarité gouvernementale agissante et effective.

Cyril GRISLAIN : Méthodologie du changement!

Développer une capacité d’intelligence stratégique et ne pas retomber dans le piège des organismes centralisateurs. Innover, oui mais avec des instruments modernes
Je partage l’avis de Fadhel Abdelkefi quand il plaide pour un cabinet réduit. Il convient d’activer le Reengineering de l’appareil d’état, si l’on veut plus de performance. Dites vous bien que pour un cabinet qui compte 80 ministres avec une population de 10 millions d’habitants, cela représente un peu plus de 100.000 personnes par ministre. C’est moins qu’un maire d’une ville moyenne dans un pays développé.

Tout à l’heure le modérateur invoquait le modèle italien ou japonais pour nous servir de référent dans la vaste perspective de refondation du modèle de développement. Il s’agirait de se donner à la manière de ces deux pays un organisme planificateur central pour piloter l’opération. Je commence par rappeler que l’Italie et le Japon sont mal partis et qu’ils n’ont pas, à l’heure actuelle les faveurs des pronostics. La logique d’une structure centrale dans un pays qu’on peut traverser, de bout en bout, en cinq heures de voiture, m’incommode. En revanche j’appelle à développer une capacité d’intelligence stratégique par rapport à des programmes de très long terme. Et ce travail ne peut être réalisé que par l’état. L’état, seul a la capacité de développer des think tanks, de faire émerger des structures d’intelligence stratégique qui font dans la prospective. L’état est en mesure de réunir des responsables qui comprennent le business qui savent collaborer avec les investisseurs, pour devenir de véritables synthétiseurs de pensée.

Pr Mohamed Haddar : leasership visionnaire !
Une vision pour un modèle sociétal qui se projette dans le futur.

Quand j’ai pris position sur la dette odieuse de la Tunisie, j’avais bien précisé que le pays, pour éviter l’écueil du défaut de paiement devait se doter d’un leadrship visionnaire. Pareil, pour notre débat du moment, je réitère la même opinion.

Le pays est en mal de création de richesses et souffre également d’une trop grande inégalité de répartition de ces richesses entre catégories sociales ainsi que les régions. Pourtant la solution s’impose d’elle-même. Le privé est l’agent économique le plus indiqué pour créer de la richesse. Cependant cela laisse, malgré tout un plus grand rôle à l’état car c’est lui qui doit mettre en place le système de répartition équitable. Au final cette responsabilité doit se matérialiser par la formalisation d’un modèle de société qui doit être consensuel. Au sein de ce projet on doit procurer les moyens au secteur privé d’œuvrer à la promotion de projets innovants et structurants en phase avec la vision du projet sociétal formalisé par l’état. Cette situation de complémentarité est possible. Elle a bien été réalisée à Singapour à titre d’exemple. Il y a une condition sine que non à cela à savoir un consensus national, un état stable ce qui est de nature à garantir l’avenir des générations futures, devoir sacré d’entre tous.

Jaloul Ayed : Des véhicules de capital dédiés

Lever les obstacles à l’accès au financement bancaire, une seule solution, renforcer les fonds propres des entreprises via des structures et des mécanismes adaptés. La translation d’une économie de transformation vers une économie de savoir, n’en sera que plus aisée.

Parmi les causes du blocage économique, je relève des aberrations criardes. A bien examiner le tissu économique dans le pays, on relève que la PME- PMI est dominante à 80 %. Elle emploie 60 % de la main d’œuvre. En revanche elle ne bénéficie que de 14 % des crédits bancaires. N’est-ce pas là, un dysfonctionnement ? N’est-ce pas anti économique, à la limite. Quand on sait que la PME est, de surcroit sous capitalisée, phénomène assez répandu dans le monde et pas qu’en Tunisie, voilà la cellule productive dominante, corsetée dans un système de financement restrictif.

Nous adossant à ce constat nous avons pensé à lancer des véhicules de capital destinés à triompher définitivement de la difficulté d’accès au financement. Je constate que la CDC a commencé à jouer son rôle de manière significative. Agissant comme fonds de restructuration dédié au tourisme, elle a pu jouer le rôle de fonds de retournement pour redonner une valeur marchande à des unités hôtelières exsangues. Cela contribuera, aider à leur redonner un deuxième souffle et favorisera l’arrivée aux commandes de ces entreprises d’un nouveau genre d’entrepreneurs, aptes à leur donner un deuxième départ dans la vie.

Le problème, une fois que l’on dispose d’un état fort est de sortir des sentiers battus et d’aller vers des solutions innovantes et novatrices, en professionnalisant l’acte d’investissement. La rupture serait d’aller d’une économie de transformation vers une économie d’intelligence et de connaissance. Le savoir est bien la matière première de la richesse de demain. Dans cette orientation, les structures de ‘’privae equity’’ sont les véhicules dédiés. Elles doivent être gérées par des compétences de premier niveau et je rappelle qu’il faut les rémunérer en conséquence. Cela est vrai du public, également.

Le président de Singapour, est perçu tel un manager public et touche 1,5 million de dollars par an. Son premier ministre, assimilé à un DGA, perçoit 600.000 dollars. Quand bien même on est au service de l’état il faut percevoir un revenu en adéquation avec la valeur du travail que l’on accomplit. Et c’est d’ailleurs un des gages efficaces contre la corruption. c’est pareil pour les jeunes recrues des fonds de private equity il faut également les motiver par des salaires en rapporta avec leurs qualifications. Des jeunes basés sur les plus grandes places financières du monde et qui sont capables du meilleur ne se déplaceraient pas pour toucher des salaires symboliques, il faut bien garder cela à l’esprit.

Une fois la CDC en service, faut-il continuer à allouer des ressources au Titre II du budget pour soulager les charges de l’état ?

Jamel Belhaj : Le souci de cohérence
Tenir le cap et agir toujours en cohérence à un plan d’ensemble, pour avoir de la conséquence dans l’action et les réalisations.

Dans bien des situations l’administration peut manquer de cohérence et ceci par souci de ne pas bloquer les opérateurs et enrayer le système. Parfois on a le sentiment que certaines décisions sont prises dans le but de faire tourner la machine. On comprend le souci des responsables de se faire valoir d’un bilan de réalisations. Mais il convient de ne pas négliger le souci de cohérence pour tout ce qu’on entreprend. Les actions prises par nécessité et sous la pression de l’urgence doivent pouvoir s’intégrer à une dynamique d’ensemble ou à un plan global. A présent que le pays est dans l’expectative d’un nouveau modèle économique, il faut avoir le souci d’aligner des réponses précises aux véritables problèmes qui se posent au pays. Or j’observe qu’aujourd’hui nous demeurons dans la même logique qu’auparavant.

Les grandes orientations du passé ne semblent pas avoir été révisées. On n’a pas totalement abandonné l’idée du zoning régional avec un barème d’avantages fiscaux. Cela est d’autant plus regrettable qu’à l’expérience on sait que malgré les avantages fiscaux, les promoteurs privés ne se déplacent pas dans les régions de l’intérieur, inhibés qu’ils sont par la carence d’infrastructure qui est dissuasive, il faut bien le reconnaître.

Alors quand on pose la question au ministère des finances on vous dit, certainement dans un esprit louable de volontarisme, pour notre part on crée le cadre juridique et c’est aux autres départements de s’y aligner et de ramener, qui l’infrastructure, qui l’éducation et la formation professionnelle, qui les loisirs. La démarche est positive mais elle ne peut activer les horizontalités c’est-à-dire la synergie entre les divers départements pour créer, in fine, un environnement propice à l’investissement décentralisé. Et c’est ce qui reconduit les mêmes blocages et les mêmes difficultés de diffuser du développent dans les régions.

Je reviens au titre II et à la question de savoir si on peut l’évacuer en totalité sur le privé. Personnellement je pense qu’il y a beaucoup de secteurs d’activité aujourd’hui qui ne peuvent être pris en charge que par le secteur public. Et, je pense par exemple à la santé ou à l’éducation. Il est vrai qu’on peut y introduite une dose avancée de PPP et ce sera très bien car cela activera la marche des réalisations. Cependant il faut se ranger à l’idée que les projets dont le ROE est de long terme, ceux-là relèveront du champ de compétence de l’état.

Eileen Murray : Un rôle prépondérant à l’état

Je partage totalement l’avis de Jamel Belhaj et j’ajouterais que le privé ne pourra jouer qu’un rôle collatéral pour ce genre d’activité. Il faut retenir que les zones d’ombres impactent l’équilibre social des régions et peuvent générer des aspects d’instabilité. Par conséquent il est bien naturel que l’état soit l’opérateur dominant. Et à ce titre on ne peut totalement évacuer le titre II du budget et s’en remettre uniquement au secteur privé.

Comment procéder au découpage régional pour assurer une croissance inclusive ?

Cyril Grislain : Régions : les choix forts
Le développement régional est une affaire de clairvoyance et d’audace.

Le découpage des régions est au centre des problèmes d’injustice et d’inégalité que vit le pays car cette vision a généré les zones défavorisées. Et, tous les gouvernements tunisiens n’ont pas osé s’attaquer à la question avec ce qu’il faut de clairvoyance et d’audace. Il faut bien se dire qu’une révolution nous met face à la page blanche. Il faut savoir la remplir par de nouvelles idées et une nouvelle vision et j’ajouterais, du courage. Je vais référer au cas du Brésil, un pays dont la superficie représente 40 % du continent africain. Malgré l’étendue et la diversité, du relief, du climat et de la végétation, le Brésil ne compte que six régions. Le découpage physique d’un pays ne doit pas être ramené à une répartition administrative. Les gouvernements ne font pas prévaloir la logique économique quand ils travaillent à la partition régionale.

Je considère, qu’en bien des situations, leur vision du découpage territorial pourrait faire écran à l’intégration régionale. Prenons un autre exemple celui de Singapour. Là on n’est plus dans le même ordre de rapport territorial, car Singapour est une micro géographie. Cependant il est aménagé selon la même logique d’efficacité économique. Singapour est conçu en véritable cluster. Un pays doit être divisé selon une cohérence quasi managériale.

Nous avions, en Tunisie, dupliqué le découpage territorial selon la clé administrative héritée de l’Europe continentale. Je préciserais, que ce procédé est complètement dépassé et infructueux. Et par-delà le découpage territorial nous retrouvons le même morcellement dans beaucoup d’autres secteurs d’activités. Nous parlons de chantiers de réforme de fond mais la vision fait défaut. On veut engager le chantier de restructuration du système bancaire, parlons-en. Il faut savoir qu’avec l’atomicité actuelle du système nous avons autant de banques que le Vénézuela, un état pétrolier. Mais le secteur privé pourrait restructurer les banques privées. Il faut simplement le mettre en selle.

Nous devons nous rendre compte que si les banques ne fusionnent pas, il y a des risques sérieux qu’elles soient incapables de se mettre en phase avec les lignes métier aux standards internationaux. Il faut que l’état apprenne à partager le pouvoir économique avec le secteur privé. C’est une clause d’efficacité.

Aicha Enneifer : Parier sur la durée

Je voudrais pour ma part faire une observation méthodologique en matière de planification en général. J’observe une certaine inconstance en matière de planification qui a toujours nui à la consistance des politiques économiques suivies. Il est d’usage dans le pays que chaque équipe qui s’installe cherche à se démarquer de la précédente et c’est la programmation économique, qui en fait les frais. C’est le mal endémique de la classe politique tunisienne, toutes sensibilités confondues. Il y a cette course à faire mieux que le précédent. Souvent on croit que faire table rase de ce qui était en place, est la clé du succès. C’est une fois, plus d’état puis voilà, on va basculer dans le moins d’état.

Une politique de long terme ne peut donner de résultats probants que sur la durée. On doit pouvoir patienter 25 et 30 ans pour capitaliser sur les effets des réalisations successives planifiées. Il faut savoir garder le cap sinon on va osciller entre plusieurs repères et voilà le résultat. De l’incohérence et au final du gâchis de ressources et du grippage économique. Ceci est vrai également du découpage territorial, toujours en mal de rationalité économique et de synergie, hélas !

Fonds Ajyal : portée et moyens ?

Jalloul AYED : Une nouvelle structure financière pour l’économie

Via le Fonds Ajiyal, on pense pérenniser le générateur de capital, qui pourra jouer le rôle de provider perpétuel de fonds propres, d’où le nom ‘’Ajiyal’’. Une armature financière aussi solide peut garantir un redéploiement bénéfique de l’économie, car elle ouvre la voir à l’accumulation du capital.

A l’origine de l’idée se trouve le principe de reformuler le rôle de l’état. Si on regarde le budget on est vite frappé par les moyens limités de l’état. Paradoxalement, l’état dispose de ressources considérables. Si l’état accepte de privatiser quelques entreprises phares tel la RNTA ou Tunisie Telecom, on peut tabler sur des ressources de l’ordre de 2,5 à 4 milliards de dinars. Cet argent n’irait pas dans le budget mais dans des structures d’investissement performantes avec des compétences de très haut niveau quitte à recruter des étrangers, cela est sans importance, étant donné que l’état garde la main sur les décisions stratégiques de ces structures. L’avantage, ici est que lorsque vous créez des structures selon des critères professionnels, les capitaux afflueront d’eux-mêmes.

On a calculé qu’au départ d’une mise publique de 5 milliards de dinars il est plausible de réunir les 35 milliards de dollars de capitaux à investir sous forme de fonds propres pour accompagner le plan de développement de la Tunisie, dit plan Jasmin sur un horizon de 7 ans. Cela représente la moitié des investissements privés ainsi programmés. Bien entendu, le tout n’est pas de boucler l’enveloppe d’investissement, d’autres prérequis devront suivre. Je pense notamment à un système judiciaire qui soit reconnu de tous, un système financier fort, et bien d’autres leviers financiers à assurer. Ce ne doit pas être séquentiel mais synchronisé, selon un timing de réalisation d’ensemble. Tout doit être mis en route selon un chemin conducteur global. On peut envisager dans cette perspective créer 300.000 emplois directs et 600.000 emplois indirects. Au terme de sept ans, on aurait décongestionné définitivement le marché de l’emploi.

J’insiste sur la sécurisation du degré d’exposition au risque, des participations de l’état. Dans ce shéma, si un projet subit un crash, la perte pour l’état est minime car elle n’aura concerné qu’une participation parcellaire au sein d’une participation collective. Le risque de ‘’casse’’ est donc réduit. Au bout du compte, l’état n’aura jamais de risque démesuré, son exposition étant diluée dans un apport en fonds propre structuré par des apports variés.

Sans avoir un rôle direct, l’état ne sera pas moins présent dans les grandes décisions. Sans être visible il est là. Il ne s’agit pas, au motif d’accélérer le développement de prendre des participations à tout va, sans s’assurer au préalable du bien fondé du projet ou de l’entreprise à promouvoir. L’état peut utiliser ses structures pour avoir des renseignements sur ce qui va et ne va pas avant d’engager sa participation dans une entreprise ou un secteur. Diverses structures peuvent l’éclairer sur l’environnement d’affaires. La douane, à titre d’exemple, peut constituer une excellente base de données. Au surplus, selon les informations que lui enverront ses diverses structures, l’état sera fixé sur les réformes nécessaires à l’optimisation du climat d’affaires et pourra interagir en conséquence pour améliorer tel ou tel autre aspect réglementait, ou fiscal, au besoin.

Comment enclencher le système et quel serait le pipeline initial pour engager le processus ? La question est légitime et elle a été soulevée par Eileen Murray, je considère que la privatisation des entreprises publiques constitue le’’ pipe’’ principal en ajoutant qu’elles serviraient d’opérations phares pour tout le reste.

J’ajouterais que le Fonds Ajyal sera différent de ce qui existe au Sénégal, qui est un fonds de développement uniquement. Il sera différent de ceux qui existent en Norvège car ce sont des fonds souverains, exclusivement. Il sera également différent du fonds Hassan II, car le modèle marocain est strictement inspiré du private Euity. Il sera l’un et l’autre, à la fois.
Mon souhait, pour la bonne gestion de ce fonds est de pouvoir réunir des compétences de renom en ramenant les meilleures pointures tunisiennes qui exercent à l’étranger, leur offrant la rémunération qui sied. Ce sont des ressources rares car ils s’obligent à une obligation de résultat.

On pourra investir dans les grands projets autant que dans la PME. On pourra générer une dynamique globale qui profitera à touts les opérateurs, entreprises et banques à la fois.

Pr Mohamed HADDAR : Bingo !

J’ai conscience de la dimension globale de votre projet et je sais que c’est quelque chose qui est de nature à achever la transformation de l’économie tunisienne, en profondeur.

Jamel Belhaj : Ajiyal sera-t-il un projet mort né ?

Je regrette qu’on n’ait pas eu assez de temps pour présenter le projet de création du fonds ‘’Ajiyal’’, à la constituante pour le faire approuver alors que le Conseil des ministres l’a validé et agréé. C’était une affaire de calendrier électoral, deux semaines nous ont manqué. Je regrette également que les produits des ventes des entreprises confisquées aient été affectés au budget alors qu’ils auraient pu alimenter le fonds en question. Naturellement la question n’aurait pas été définitivement résolue sans la résolution des préalables évoqués tout à l’heure car il faut bien se dire qu’en s’attaquant aux grands projets, il faut penser à mettre les gens en confiance réformant le système en conséquence

Aicha Enneifer : La contrainte du ‘’fund rising’’

Le tout n’est pas de réunir des fonds considérables, encore faut-il que l’économie parvienne à les absorber, sinon il a un risque de mauvaise allocation.

Je voudrais pour ma part insister sur un aspect important pour le plein déploiement du Fonds Ajyal, en cas ou on le réactiverait. Il y a à garantir une certaine profondeur de fund rising. L’économie pourrait ne pas absorber les ressources ainsi réunies. On disposerait paradoxalement d’un excédent de ressources qui resteraient inexploitées, ce qui est anti économique. Une des manières d’accroitre la capacité d’absorption de l’investissement serait la diversification des instruments financiers de participation au capital. Ces derniers, manquent. Cela gênerait la passerelle du pipe line : le seul instrument d’intervention à l’heure actuelle c’est l’action. Autant c’est efficace pour la participation dans les grands projets autant c’est inopérant pour le green fields.

C’est particulièrement incommode pour des participations dans des projets qui démarrent et notamment les ‘’start up’’ à fort potentiel. A l’heure actuelle, la réglementation focalise sur la PME et peu sur les start up. Un fonds pour matérialiser sa position sur une valeur doit disposer des outils adéquats. Il y a une gêne pratique, assez handicapante, en matière de valorisation pour des sociétés matures. Se pose également le dégrèvement fiscal qui diffère selon qu’il s’agit d’une action ou d’une participation en création. Cela fait qu’au bout du compte nous campons sur les mêmes positions. Les entreprises diront voilà nous avons des projets et nous manquons de financement. Et, les SICAR diront nous disposons des ressources mais nous manquons de pipe lines pour canaliser nos investissements.

Jaloul AYED : Un pool de cash percutant !

En réponse à Aicha Enneifer, et par delà, je veux préciser que l’apport principal du Fonds Ajyal n’est pas, prioritairement, d’apporter du financement aux PME. Il s’agit de créer un véhicule, capable de réunir un pool de cash afin de procurer un boost aux entreprises existantes quand elles disposent du potentiel nécessaire, en vue de devenir des champions régionaux, avec des visées réelles d’implantation en Afrique ou en Europe. Le but est de créer une poussée de décollage favorable à l’économie dans son ensemble. C’est un fonds qui aura à travailler sur les grands projets avec des enveloppes consistantes de l’ordre de 1,5 à 2 millliards de dollars.

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