WMC Table ronde: Fonds Ajyal ou comment financer le développement autrement

 

WMC Table Ronde - Fonds Ajyal
WMC Table Ronde – Fonds Ajyal

Un modèle alternatif de financement du développement a été planifié dans le cadre du plan Jasmin. Il fait face au mal endémique de l’économie nationale, à savoir la rareté du capital. Et, dans le même temps, il propose une méthodologie de “reengineering“ de l’Etat.

L’équipe rédactionnelle de WMC a organisé une table ronde sur le thème crucial du financement du développement en focalisant sur le Fonds Ajiyal, conçu par Jalloul Ayed, lors de son passage au ministère des Finances dans le gouvernement de BCE.

Au-delà du projet et de sa portée, c’est la problématique de la refondation du rôle de l’Etat et de ses nouvelles fonctionnalités dans le financement du développement public et privé qui a retenu notre attention.

Nouveau modèle économique, nouveau rôle pour l’Etat

L’examen de cinquante ans d’expérience du développement nous éveille à la nature du rôle que doit jouer l’Etat. Le pays s’est lancé dans l’œuvre du développement, en négligeant de se doter d’une vision. Et, de se donner un objectif. Et, de se doter de tous les mécanismes de financement.

Tablant uniquement sur le crédit bancaire, le système ne marchait que sur un pied et n’avait pas toute sa cohérence, se privant d’un certain potentiel de croissance. Cette carence méthodologique nous a valu des choix parfois hasardeux, mais surtout un enlisement financier.

Le pays s’est doté d’un système d’établissements de crédit. Cela tenait la route tout le temps que le pays recourait au capitalisme d’Etat, avec la promotion tous azimuts d’entreprises publiques.

Impuissant à assumer ce rôle tout seul et indéfiniment, il a manqué de moyens pour passer le relai à l’initiative privée car le système s’est trouvé piégé par sa propre insuffisance. Oui, l’endettement n’apportait qu’un appoint de financement, une solution minimale. Les fonds propres ont fait défaut handicapant le système de performer comme il le devrait. Cela expliquerait-il son manque de performance, son anémie d’expansion et d’émergence?

En toute vraisemblance, cela a en comparaison avec les pays à économies avancées.
Un Etat catalyseur de l’investissement

Il ne faut pas qu’il y ait une confusion des rôles entre le public et le privé. En démocratie, l’Etat doit pouvoir garantir les conditions propices à l’investissement par le secteur privé. C’est un changement de repères. Y a-t-il moyen que l’Etat sache investir “malin“, oui également. Donc pour le privé, d’abord. Grace à un Fonds des Fonds, le secteur privé sera doté d’un provider perpétuel de fonds propres, destiné à lever l’obstacle au financement bancaire.

Jusque-là, le capital ne représentait que 30% du coût d’investissement. En relevant cette proportion à 50%, c’est-à-dire une parité entre capital et crédit, le ratio d’endettement sera définitivement équilibré et la structure financière de l’entreprise stabilisée.
Pour l’investissement public, le “Titre II“ sera tout le temps insuffisant pour faire face aux besoins du pays. L’appui de la Caisse des dépôts et de consignation (CDC) peut apporter des ressources en phase avec les besoins réels du pays.

Quelle est désormais la nouvelle problématique qui accompagne cette nouvelle orientation?

Dans le nouveau contexte, on devra s’obliger aux critères d’investissement avec des rendements attractifs selon les règles les plus strictes du marché. Cela aidera à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs tunisiens, bien versés dans les meilleures pratiques et standards des affaires et de la gestion financière.

Ces investissements iront dans les secteurs les plus porteurs, notamment l’infrastructure, l’agriculture, les technologies, le tourisme, l’immobilier et la distribution.

Les participations en fonds propres seront faites selon une stratégie de sortie prédéfinie. Cela se fera via le marché boursier qui devra, à son tour, être réformé pour favoriser l’émergence d’un marché de taux, et d’autres compartiments tels les swaps, l’émission des obligations de projets (Project Bonds), l’apparition de nouvelles techniques de hedging et enfin d’une nouvelle classe d’actifs.

Rappelons à titre indicatif que le financement du plan Jasmin se monte à 125 milliards de dinars permettant à un taux de croissance de 15%! Cette enveloppe est ainsi répartie: 50 milliards de dinars pour l’investissement public et 75 milliards d’investissements privés dont 22 milliards sous forme d’IDE.

Nous remercions:

Jalloul Ayed (ancien ministre des Finances et auteur du plan Jasmin),

Mmes Eileen Murray (directrice à la BM),

Aicha Enneifer (DG Diva Sicar),

Jamel Belhaj (président de la CDC),

Fadhel Abdelkefi (président du Conseil de la Bourse),

Cyril Grislain (consultant international),

Pr Modamed Haddar (président de l’ASECTU),

Mehdi Khemiri (DG d’un fonds de capital-risque)

 >> Retrouvez l’enregistrement vidéo de la Table Ronde

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